24 octobre 2012

Hep hep hep, encore une bonne chose de faite*


Nous y voilà, on-y-est on-y-est, y’a des choses comme ça qu’on repousse à jamais, et puis un jour sans prévenir on se dit « vas-y, je prendrai bien le temps de faire ça maintenant, té ».
Oui oui, c’est bien de procrastination dont on parle.
Entre nous on peut se le dire : on est tous de grands procrast’, des « je verrai bien demain (quand les chats feront des chiens) », des « ah oui, faut que je m’occupe de ça, c’est vrai (et mon nez c’est du poulet ?) ». C’est scientifiquement prouvé, l’espèce humaine est une grosse flémiche.
On pourrait croire, naïvement, que le blocage est psychologique, qu'on remet à demain parce-qu'au fond on n'a pas vraiment envie que ça se passe, exemple le tas de la facture du centre aéré et des impôts à payer. Que nenni, parce-que dans ce cas-là, comment expliquer l'autre tas, celui du chèque à encaisser et du papier-à-renvoyer-à-Michelin-pour-bénéficier-de-la-garantie? Non non, c'est juste qu'on a la cagne de fabriquer le courrier -première étape, et de l'amener à la poste -deuxième étape.
On pourrait croire aussi que c'est une histoire de génération, que les parents et grands-parents ne sont pas concernés, tiroirs toujours triés et linge bien plié. Que dalle, pour en avoir parlé autour de moi, c'est bien un travers univergénérationnel, ça se règle pas avec l'âge. Bon bien sur, c'est comme pour les fiches de révision avec titre en rouge et sous-titre en vert, y'a toujours des super-organisés qui ne laissent rien au hasard, mais même eux ont des failles cachées, c'est obligé.
On peut classer les choses à repousser en deux catégories : l'administratif et l'affectif. L'administratif englobe les papiers, les rendez-vous chez le doc ("ça fait combien d'années que j'ai pas fait de frottis/que je suis pas allée chez le dentiste/que j'ai pas acheté les médocs de l'ordonnance?"), mais aussi certains trucs du boulot ou des choses à fixer dans la maison (dans ces cas-là, possibilité de mixage sympa avec la catégorie affective). Pour l'affectif, il s'agit de tout ce qui touche à la famille, aux amis ou au développement personnel ; c'est par exemple là qu'on rangera la lettre à écrire à Tante Bärbl, ou les projets couture. Cette catégorie est fourbe, car elle s'accompagne d'un méchant sentiment de culpabilité quand tu fais traîner.
Finalement le problème de la procrastination, c'est pas tellement de pas faire les choses, parce-qu'au final personne n'est jamais vraiment mort de pas avoir renvoyé un papier à temps, non le vrai problème c'est que ça occupe une sacrée place dans la tête, cette liste de choses à faire, ça encombre l'espace disponible, ça empiète sur la partie zen -celle où on s'allonge dans l'herbe grasse pour regarder passer les nuages, et résultat quand la liste fait un petit toc-toc à la porte de notre conscience, on n'est pas complètement tranquille, pas vraiment content de soi.
Pour s'en sortir, plusieurs solutions. On peut commencer par coucher la liste sur papier, ce qui ne règle strictement rien mais soulage un peu quand même. On peut aussi décider de rester indifférent aux assaults de la liste mentale, de s'en tamponner, d'accepter sereinement son sort de feignasse (c'était ma bonne résolution de janvier 2012). On peut aussi, et c'est de toutes façons ce qui finit par arriver à un moment ou à un autre, on peut aussi s'y mettre, tout simplement. Et une fois la tâche accomplie, savourer ce sentiment de libération, ce doux bien être, cette légèreté de l'âme.

* (Barbapapa)

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